Définir le Patrimoine

Patrimoine : 
« Ce qui est transmis à une personne, une collectivité, par les ancêtres, les générations précédentes, et qui est considéré comme un héritage commun. »  

Patrimoine archéologique, artistique, culturel, intellectuel, religieux; patrimoine collectif, national, social; patrimoine d’une nation, d’un peuple.

Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL)

Qu’est-ce que le patrimoine ?

En coopération avec l’Agence Wallonne du Patrimoine – AWaP 

En Belgique, on dénombre un peu moins de 4000 biens répertoriés rien qu’en Wallonie, témoignant de sa richesse culturelle et naturelle, et de son histoire. 

Mais que veut dire le mot « Patrimoine » ?

Concrètement, cela peut être une église, un château, un moulin, un jardin, un arbre, une peinture, une sculpture, un vestige archéologique, une fontaine, une maison, une place dans une ville, une locomotive et même un bateau…

Afin que tous ces monuments et ces œuvres d’art traversent le temps et les époques, il est important de participer à leur protection, leur conservation et leur restauration. 

Le blason blanc et bleu fixé généralement sur la façade symbolise un bâtiment ou un élément patrimonial à préserver. Plusieurs pays d’Europe l’utilise, c’est pourquoi la Wallonie a rajouté son coq wallon.

Un bâtiment classé est protégé et ne peut en aucun cas être détruit.

Le patrimoine reste tout de même très vaste, et nécessite un classement pour différencier une catégorie d’une autre. 

Conserver, restaurer, et réaffecter le patrimoine

Quand un bâtiment s’abîme, faut-il laisser le temps faire son travail de destruction ou au contraire faire des travaux pour le sauver ? C’est une question qui a soulevé un débat important aux 19e et 20e siècles.

En 1964, de nombreux pays européens ont ratifié la Charte de Venise qui établit les grands principes de restauration : lors d’un chantier de restauration d’un bâtiment, toutes les époques successives de construction doivent être respectées. La Charte de Venise souligne aussi l’importance de la conservation : un entretien régulier du bien permet de limiter les interventions lourdes. Autrement dit, mieux vaut prévenir que guérir !

Pour qu’un bâtiment reste en bon état, il est très important qu’il soit occupé. Mais que faire quand le bâtiment a été abandonné et que sa fonction d’origine n’a plus d’utilité aujourd’hui ? La solution : la réaffectation du bâtiment. Cette idée n’est pas neuve. C’est déjà ce que nos ancêtres faisaient quand, au lieu d’abattre un bâtiment qui ne servait plus, ils le transformaient pour lui donner un nouvel usage conforme aux besoins de leur temps. Par exemple, une église réaffectée en hôtel, une abbaye en école, une ferme en salles de réception, une usine en musée, une piscine en lieu d’exposition…

Protéger le patrimoine

Le classement est une mesure de reconnaissance de la valeur patrimoniale d’un bien et une mesure de protection destinée à assurer sa conservation, son entretien et, si nécessaire, sa restauration. Pour ce faire, le classement garantit la mise en œuvre de techniques spécifiques et adaptées aux qualités exceptionnelles du bien. Si les qualités du bien l’exigent, la protection conférée par le classement peut aller jusqu’à imposer des conditions de gestion et même des restrictions au droit de propriété.

Le classement porte sur des biens immobiliers qui présentent un intérêt historique, archéologique, architectural, scientifique, artistique, social, mémoriel, esthétique, technique,  paysager ou urbanistique. 

Ces biens doivent répondre aux critères de rareté, d’authenticité, d’intégrité et de représentativité. 

Le classement se fait également en fonction de la nature du bien : 

  • Monument (exemples : l’Hospice Saint-Gilles à Namur, les jardins historiques de Freÿr à Hastière, la ferme d’Hougoumont à Braine-l’Alleud…)
  • Site (exemples : le Champ de bataille de Waterloo, le méandre de la Semois dit le Tombeau du Géant à Bouillon, les grottes de et à Hotton, le site de la Chartreuse à Liège…)
  • Ensemble architectural (exemples : le hameau de Ham à Esneux, le village de Sautour à Philippeville…)
  • Site archéologique (exemple : la grotte Scladina à Andenne)

Les monuments classés nécessitent constamment des travaux de prévention, des opérations de maintenance ou de restauration pour assurer leur pérennisation. Les propriétaires d’un monument classé ont une responsabilité primordiale pour pérenniser leur bâtiment et le gérer « en bon père de famille ». L’AWaP peut les aider, ainsi que les auteurs de projets, à différents stades : de l’identification des mesures destinées à limiter la dégradation d’un monument jusqu’aux dossiers de restauration…

Conserver le patrimoine

En coopération avec le Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux – CIPAR

Qui est le CIPAR ?

Le CIPAR est une ASBL fondée par les quatre évêchés francophones dans le but de coordonner leurs efforts en matière de protection, conservation et valorisation du patrimoine religieux. En se préoccupant du patrimoine ancien et de diverses formes d’expressions artistiques, le CIPAR veut valoriser tout ce qui constitue le support matériel de la culture chrétienne qui occupe une place essentielle dans la mémoire et l’identité de notre société actuelle. 

Le CIPAR se veut un centre d’expertise destiné en priorité à appuyer et à encadrer les services diocésains du patrimoine, les fabriques d’églises et les communes dans leurs tâches de gestion du patrimoine religieux.

Les missions du CIPAR auprès du patrimoine religieux

  1. Sensibiliser

Le CIPAR orchestre des campagnes se sensibilisation à l’art et au patrimoine religieux. Il incite les responsables paroissiaux à rendre leur église vivante et accueillante et à l’intégrer dans la vie sociale d’aujourd’hui. Lieu de culte, espace de culture, élément de l’attractivité touristique ou simplement domaine public, les églises doivent rester un lieu communautaire historique d’expériences sociales et spirituelles. 

  1. Inventorier 

Le CIPAR encadre les fabriques d’églises dans leur obligation de mettre à jour l’inventaire de leur patrimoine mobilier. Il s’agit d’actualiser la base de données établie dans les années 70′ par l’IRPA. 

L’Inventaire informatisé du mobilier est une condition préalable indispensable à toute gestion patrimoniale. 

  1. Conserver 

Le CIPAR conseille les responsables paroissiaux sur la bonne conservation de leurs objets de culte et objets d’art. L’accent est mis sur les possibilités de conservation in situ. 

Des directives et guides de bonnes pratiques sont établis dans différents domaines de l’art religieux (les textiles, l’orfèvrerie, la sculpture, les vitraux, etc.). 

  1. Sécuriser 

Le CIPAR propose aux églises des méthodes d’organisation des sacristies. il émet des recommandations pratiques en matière de sécurité dans ses différents aspects : effraction, vandalisme, dégâts des eaux ou risques d’incendie. 

La base de données d’inventaire est un outil développé dans ce sens. 

  1. Former

Le CIPAR organise des journées et des cycles de formation à l’attention des fabriciens, d’acteurs pastoraux ou de tout amateur de patrimoine religieux. 

Les formations portent tant sur les aspects pratiques de l’inventorisation ou de la conservation que sur la compréhension de l’art chrétien.

Un inventaire, pourquoi ?

Tout gestionnaire d’une église est responsable d’un patrimoine souvent séculaire et qui représente une valeur considérable. Afin de le préserver, il est important de bien en connaitre les éléments.  Rédiger un inventaire dépasse l’obligation légale. Il s’agit d’une tâche indispensable pour développer un plan de gestion à long terme, pour contracter des assurances, programmer des restaurations ou encore demander des indemnisations en cas de sinistres (dégâts des eaux, incendies, etc.) ou de vols. Établir et tenir à jour l’inventaire constitue une des missions essentielles des fabriciens. 

L’inventaire est indispensable dans les situations suivantes : 

  • Contrôler les déplacements d’objets. Par exemple, lors de prêts pour des expositions ; 
  • Participer à des activités ouvertes au public, par exemple lors des Journées du Patrimoine ou des processions religieuses ; 
  • Surveiller l’état de conservation et envisager des mesures de restauration ; 
  • Changement de l’emplacement de certains objets ; 
  • Envisager des regroupements ou des fusions de fabriques d’église ; 
  • Désaffecter une église.